Institut de Victimologie

Réseau associatif

LE TRAVAIL EN RESEAU

L'utilité des méthodes de réhabilitation sociale ne fait aucun doute pour les sujets présentant des troubles mentaux graves, dont font précisément partie certaines victimes de violences anciennes. Leur champ d'intervention très large nécessite une bonne connaissance du réseau d'aide et de prise en charge pour ces sujets fragilisés, souvent désocialisés. Il peut être utile d'orienter les victimes de maltraitance ou autres violences vers des structures de prise en charge des conduites addictives, vers les services sociaux pour leur apporter une aide familiale, vers des services de réinsertion ou d'aide à l'emploi et bien entendu vers des avocats et le réseau associatif qui est notre partenaire naturel.

A ce titre, les criminologues anglo-saxons, canadiens notamment, ont pu évaluer l'efficacité des programmes de prévention développementale de la délinquance, lesquels améliorent les compétences éducatives des familles, comparés aux programmes de prévention psychosociale jugés inefficaces.

Mais il est également indispensable d'offrir un accompagnement social et judiciaire à celle qui entame une procédure judiciaire ou une procédure d'indemnisation.

Les thérapeutes devraient trouver dans leur carnet de correspondants les coordonnées d'associations d'aide aux victimes compétentes, d'avocats spécialisés, de services sociaux, de centres d'hébergement, etc. [LHT] Ils devraient aussi ne pas hésiter à entrer en relation les uns avec les autres.

Le barreau joue un rôle primordial dans l'accompagnement judiciaire des victimes [LHT].

Le développement des associations d'aide aux victimes a été favorisée par la « Recommandation N° R (87) 21 du Comité des ministres aux états membres sur l'assistance aux victimes et la prévention de la victimisation », elles existent actuellement partout en Europe.

Il existe plusieurs types d'associations :
  • les associations d'aide aux victimes (AAV) regroupées au sein du « Forum Européen des services d'aide aux victimes » ; pour la France, il s'agit des associations adhérentes à l'Institut National d'Aide aux Victimes et de Médiation (INAVEM) [LHT] ;
  • les associations de lutte contre les violences faites aux femmes et les associations féministes [LHT] ;
  • les associations de victimes [LHT] ;
  • les associations humanitaires et caritatives, dont certaines sont spécialisées dans les problèmes de migration.

Les associations aident les victimes dans le « maquis » de l'indemnisation mais aussi de façon plus générale à faire valoir leurs droits. Elles leur permettent, notamment, d'obtenir une provision auprès d'une compagnie d'assurance, de la CIVI, ou lors d'une procédure en référé. Leurs permanents et leurs bénévoles acquièrent rapidement de solides compétences dans le domaine de l'accompagnement social, parfois après une formation dispensée par l'association elle-même. Dans tous les cas, les associations savent diriger les victimes vers les services sociaux compétents.

Certaines associations féministes offrent un soutien aux victimes en organisant des groupes de parole.

D'autre part, il est probable que l'accompagnement social et judiciaire, constituent un facteur de résilience [LHT] pour les victimes d'agressions répétées parce qu'il renforce les liens sociaux. Cet accompagnement permet de comprendre le principe de présomption d'innocence, les règles du fonctionnement contradictoire de la procédure civile, l'intérêt des expertises, le rôle du médecin de recours, etc. Car, si une procédure judiciaire est souvent indispensable pour reconstruire une victime, il ne faut pas qu'elle devienne un cauchemar entraînant une véritable maltraitance sociale (survictimation) [LHT]. Les acteurs du réseau d'accompagnement sont les avocats, les services sociaux (dont l'ASE), les associations et les médecins de recours.

Ce tableau tiré de « Lopez G. Victimologie. Dalloz, 2010 » résume le travail en réseau :

Tableau de Lopez G. Victimologie. Dalloz, 2010